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Rapport d'activité 2015

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Atelier Médias 21 à la COP 21 à Paris - Décembre 2015

Les tendances de l’année 2015

Tout au long de 2015, Paris a été associé à bon nombre d’événements historiques et – parfois – dramatiques liés aux mondes des médias et du développement. De l’attentat contre un média emblématique en janvier jusqu’à la COP21 en décembre, les priorités de développement, le rôle des médias tout comme la liberté d’information ont été discutés et repositionnés de façon profonde et durable. Ce contexte a pesé sur l’environnement direct et l’activité de CFI.

En septembre 2015, à l’issue d’un long processus d’élaboration, le Secrétaire général des Nations Unies a annoncé l’adoption des nouveaux objectifs de développement durable (ODD) qui élargissent la liste des secteurs concernés au sein desquels la liberté d’information fait son entrée. La cible 16.10 appelle à « garantir l’accès public à l’information » alors que d’autres cibles, dont la 16.6 demandent « la mise en place d’institutions efficaces, responsables et transparentes à tous les niveaux ». L’information, la redevabilité, l’inclusion de toutes les communautés dans les dynamiques de développement, qui sont autant d’objectifs poursuivis par un nombre croissant de projets portés par CFI, sont ainsi directement reconnues comme des priorités de la communauté internationale.

Cette nouvelle approche renforce la légitimité et les ambitions des acteurs de la coopération médias qui, réunis au sein du Global Forum for Media Development (GFMD), ont milité pour cette reconnaissance.

En France également, 2015 a marqué une étape importante dans le traitement de l’aide publique au développement et l’élaboration de programmes ambitieux et structurants pour répondre aux faiblesses de gouvernance de nombreux pays du Sud.

Les attaques terroristes de janvier avaient dramatiquement replacé les médias au cœur d’enjeux politiques et symboliques de beaucoup plus grande ampleur. Plus qu’un journal, les terroristes ont frappé la liberté d’expression que nombre de chefs d’Etat et de gouvernement ont, dès les jours suivants, soutenue avec fermeté.

La crise migratoire a ensuite souligné les lacunes des politiques de développement qui obtiennent des taux de croissance importants sans pour autant associer l’ensemble des populations. Ce terreau déséquilibré favorise la promotion des idées les plus radicales qui, aujourd’hui, déstabilisent de nombreux pays du Sud.

Ces constats remettent l’effort en faveur du développement à l’ordre du jour et entraînent un infléchissement des priorités dans la plupart des pays développés. En France, le parlement a arbitré en faveur des budgets d’Aide Publique au Développement pour la première fois depuis de nombreuses années, après la mobilisation de parlementaires des tous les partis.

Dans le même temps, le gouvernement a décidé d’élargir le champ de compétence de l’Agence Française de Développement au domaine de la gouvernance dans un souci de cohérence avec l’ensemble de la politique qu’elle conduit. Les activités de l’agence, outre les programmes structurants tels que l’éducation, l’accès à l’électricité, la santé ou les infrastructures, peuvent maintenant viser également des objectifs de gouvernance qui devraient les rendre encore plus efficaces. Cette décision pourrait déboucher, une fois la réforme actée, sur des volets de professionnalisation des médias locaux au service d’une meilleure appropriation des programmes de développement par les citoyens.

Dans ce contexte, les bailleurs (bilatéraux comme multilatéraux) orientent davantage leurs politiques, ainsi que les appels et commandes qui en découlent, vers le renforcement des sociétés civiles et une meilleure association des populations aux projets de développement.

Cette volonté peut s’appuyer sur des paysages médiatiques qui associent désormais aux médias traditionnels les nouveaux espaces d’information et de débat ouverts par la révolution numérique. Avec le digital, l’appui au développement des médias du Sud devient le complément naturel à un grand nombre de projets de développement pour favoriser leur appropriation par les populations.

Hackathon Afrique Innovation à Dakar - Mai 2015

Une activité soutenue et plus lisible

Les équipes de CFI ont travaillé au total sur 29 projets en 2015. Certains se sont terminés dans l’année, d’autres ont été lancés en cours d’année et se déploieront en 2016 et au-delà. Les projets de CFI s’inscrivent dans le temps long du développement. Ils traduisent des objectifs à atteindre assortis de moyens et d’indicateurs de performance. A tout moment, CFI gère la mise en œuvre d’une vingtaine de projets, évalue 4 ou 5 projets qui s’achèvent et pose les bases d’une dizaine de nouveaux projets ou de demandes de financement.

Ces 29 projets ont généré une activité de 1754 journées d’expertise au profit de 2766 bénéficiaires du Sud.

Le volume d’activité montre une stabilité par rapport à 2014 qui traduit à la fois les limites dans la capacité à initier, monter et mettre en œuvre davantage de projets simultanés mais aussi la diminution importante des moyens publics. CFI a partiellement réussi à compenser la baisse de 17% de la subvention par le gain de contrats et commandes auprès de bailleurs. Les efforts de gestion ont également permis d’allouer plus de moyens aux projets.

schema-programmes

En termes géographiques, les interventions de CFI sont également concentrées sur environ  25 pays. La coopération accompagne les mêmes interlocuteurs pendant plusieurs années afin d’optimiser l’importance de la professionnalisation en limitant l’impact des aléas conjoncturels.

Le tableau de synthèse des projets donne une vision synoptique des activités de l’année par programme, par pays, par effort budgétaire annuel et par nombre d’actions. Au bilan, les enjeux de pluralisme tendent à progresser en réponse aux nombreuses attentes dans les pays d’intervention de CFI. Les régions Afrique du Nord et Moyen-Orient et Afrique concentrent les efforts de développement de nouveaux projets, en ligne avec les priorités des bailleurs, au premier rang desquels l’Union européenne et ses programmes de stabilité, de voisinage et ses fonds fiduciaires.

Conférence de lancement du projet ILYM à Paris – Novembre 2015

Au delà des chiffres, le travail de CFI a bénéficié d’une meilleure visibilité grâce aux nouveaux outils de communication, d’information et de mise en réseau des bénéficiaires mis en place en 2015.

Le premier atout de CFI pour assurer la visibilité et une bonne compréhension de son travail est le nouveau site internet cfi.fr, dont l’architecture et les fonctionnalités ont été élaborées par La Netscouade, une société dont certains collaborateurs animent des séances de coaching et d’encadrement dans le cadre de projets de développement médias. Cette bonne compréhension de la dynamique des projets a permis de combiner la modernité des choix techniques avec le souci d’une interaction permanente avec les bénéficiaires, les experts et les autres acteurs de nos projets. cfi.fr offre une fenêtre aux bailleurs et aux partenaires de CFI qui peuvent y suivre l’évolution de chaque projet dans la logique de temps long propre aux enjeux de développement.

Flyers1Cet outil est complété par une politique de publications de fiches projets, de collections de tutoriels et d’animations de communautés qui répondent aux temps forts de mise en œuvre des projets au fur et à mesure de leur avancement.

Enfin, la décision de proposer pour la première fois un rapport d’activité exclusivement en ligne est cohérente avec le choix de privilégier désormais une communication plus réactive à travers les réseaux numériques qui sont désormais le premier terrain d’action de CFI. 

Une meilleure connaissance des paysages qui évoluent très vite

Le développement de nouveaux projets tout comme la réponse à des appels d’offres plus variés exigent une connaissance actualisée des terrains d’intervention de CFI. En premier lieu, cette connaissance peut s’appuyer sur les analyses du réseau diplomatique français qui sont devenues plus accessibles avec le nouvel outil de partage d’information Diplomatie auquel CFI est relié, depuis mi-2015.

En complément, CFI a lancé plusieurs études en 2015 qui permettent d’analyser des terrains en perpétuelle évolution :

  • Panorama des médias en ligne : synthèse d’une étude plus large menée entre juillet 2014 et janvier 2015, ce panorama tente de fournir une vue d’ensemble du paysage complexe, protéiforme et mouvant des médias en ligne dans le monde arabe (Algérie, Égypte, Jordanie, Liban, Maroc, Palestine, Syrie et Tunisie).
  • Les nouvelles radios syriennes : cette étude dresse un panorama  synthétique des radios syriennes. L’analyse des difficultés qu’elles rencontrent au quotidien  permet de dégager les défis qui sont les leurs aujourd’hui afin de faire face au mieux aux chantiers de demain.
  • Réflexions « médias et développement » : comment les médias peuvent-ils soutenir les priorités de développement ? Contexte historique et pistes pour orienter les projets « médias et développement » et fixer des objectifs adaptés.
  • La coopération médias dans le contexte des enjeux migratoires : étude prospective pour imaginer le rôle des médias locaux (en Afrique de l’Ouest) face aux tensions migratoires.